Août 1940, France. Une petite ville du Doubs, à la limite entre la Zone Libre et la Suisse, a vu sa vie basculer après l'arrivée d'une garnison allemande.
 
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 La France pendant la seconde guerre mondiale

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L'Histoire
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MessageSujet: La France pendant la seconde guerre mondiale   Dim 23 Mar - 20:24

Nous ne sommes qu'au tout début de l'occupation, ce sujet n'est donc pas encore valable dans son entièreté. Mais je pense qu'il est tout de même nécessaire d'avoir une vision d'ensemble.


Informations générales
Je vous conseille de lire ces quelques pages d'un livre d'histoire (ça va très vite et c'est très bien résumé) : ICI
Pour ceux qui veulent connaître la chronologie exacte, Wiki est là pour vous ! ICI


Le culte du Maréchal
Quand le maréchal Pétain parvient au pouvoir en juin 40, il a 84 ans. Très populaire, il est vu comme l'homme providentiel dont la France a besoin en ces temps difficiles.
Il bénéficie en effet de deux atouts :
 – il est toujours auréolé de sa victoire à Verdun en 1916 (une des plus horrible bataille) et de son rôle dans la Grande Guerre (qui lui assure une réelle et inébranlable popularité auprès des anciens combattants, nombreux en France à l'époque) ;
 – il se présente aussi comme l'homme providentiel, celui auquel la France peut se raccrocher dans la défaite. Ses discours vont dans ce sens quand il déclare : « je fais don de ma personne à la France ».

De plus, du fait de son âge élevé, on ne le soupçonne pas (à tort) d'ambition ou d'arrivisme.

Pétain réalise très vite la nécessité de contrôler et de mettre en valeur son image. Il s'entoure d'un photographe officiel et prend soin de retirer ses lunettes pour souligner sur les photos ses yeux bleus. Il y apparaît presque toujours en uniforme, afin de souligner la gravité des temps et d'insister sur le côté réconfortant du « bon maréchal » expérimenté.

Son effigie est partout: sur les portraits que l'on met dans les classes, les mairies, sur les timbres, les affiches...(la célèbre chanson "Maréchal, nous voilà!" ne sera écrite qu'en 1941)


La circulation dans la France occupée
Dès les débuts de l'occupation, les français furent soumis au couvre-feu: de 22h à 6h du matin interdiction formelle de circuler sans laissez-passer délivrés par la Kommandantur. De plus, les fenêtres devaient être obligatoirement occultées, soit par des volets, soit par des tissus en coton bleu marine fournit par la mairie.

Si vous vouliez aller en zone libre, il vous fallait obligatoirement un Ausweis  (ou laissez-passer pour la circulation frontalière). Ils étaient assez facilement obtenus si l'on résidait dans une zone située à dix kilomètres de part et d'autre de la ligne de démarcation. Délivrés par la plus proche Kommandantur, ils permettaient à leurs titulaires, pour un temps limité, de se rendre de l'autre côté de la ligne. Leurs détenteurs étaient fort recherchés par quiconque désirait correspondre d'un côté à l'autre de cette frontière sévèrement gardée autrement que par le moyen d'une carte inter­zones, seule agréée par l'occupant et, dont le moins qu'on puisse dire, est que son cadre ne se prêtait guère aux effusions.


Le rationnement
Les cartes de rationnement sont distribuées à la population civile à partir du 18 septembre 1940 (nous ne sommes donc pas encore concernés!). Cela n’empêche cependant pas le rationnement de certaines denrées comme le sucre dès le 11 mars 1940 et les produits laitiers le 31 juillet.

Ces cartes permettent, au moyen de coupons et de tickets, la répartition équitable et l’attribution régulière des denrées indispensables à la nourriture de chacun. Les aliments rationnés sont les suivants : sucre, produits laitiers, pain, café, œufs, céréales et légumes, fromage, matières grasses, viande, pâtes, chocolat, vin…
Les consommateurs sont classés par catégories pour lesquelles les rations sont différentes. Les adultes sont divisés entre ceux qui ne se livrent pas à des travaux de force, les travailleurs de force, les agriculteurs et les retraités. Les enfants, classés J entre 3 et 12 ans, sont partagés le 23 octobre 1940 en J1 (3 à 6 ans) et J2 (6 à 12 ans). Une troisième classe de jeunes, J3 (entre 13 et 21 ans), apparaît le 9 juin 1941.


La suppression des libertés et les recommandations de l'occupant
Avec l'occupation allemande et les lois du gouvernement de Vichy, les libertés des Français sont supprimées, en particulier:
-Fin de la liberté de la presse: les journaux sont censurés, les journalistes ne sont pas libres d'écrire ce qu'ils veulent. Beaucoup de journaux sont interdits.
-Fin de la liberté d'expression: en règle général, les gens ont peur de donner leur opinion sur la guerre, le gouvernement, les Allemands, leur politique. En effet, les dénonciations sont monnaie courante... Il est interdit d'écouter les radios étrangères et de répéter leurs informations. Les ondes de ces radios sont d'ailleurs brouillées, ce qui n'empêche pas un nombre certain de Français de les écouter, le soir, en cachette...
-Fin de la liberté de circulation: pour aller d'une ville à l'autre il faut un laisser-passer, il y a des contrôles dans les gares, la police allemande surveille tous les déplacements. Il est interdit de passer la ligne de démarcation sans une autorisation spéciale.
-Atteinte à la propriété: réquisition d'appartements et de maisons pour y loger les soldats.

Ci-dessous, vous pouvez voir une affiche allemande adressée à la population française :
Spoiler:
 

Les réquisitions
L'article XVIII de la convention d'armistice du 22 juin 1940 stipulait : « Les frais d'entretien des troupes allemandes en territoire français incombent au Gouvernement français ». La formulation n'est pas plus détaillée.

Les réquisitions de logement:

Les officiers entendaient être confortablement logés et réquisitionnèrent les beaux hôtels, manoirs, châteaux et autres maisons bourgeoises.
Les sous-officiers, eux, trouvaient leur bonheur dans les chambres des prisonniers français qui étaient devenues vacantes.

Les réquisitions de main d'oeuvre:
La Wehrmacht est souvent devenue le principal employeur des villes où étaient stationnées des garnisons, tout simplement parce que beaucoup de gens cherchaient du travail et que l'armée allemande rétribuait à peu près correctement. Certains services étaient contractuels, par exemple le lavage du linge.
Dans certains cas, les Allemands ne trouvaient pas la main d'oeuvre désirée ; ils procédaient alors par réquisition. Cela pouvait aller du serrurier à la femme de chambre, en passant par la cuisinière ou les filles de salle.

Les réquisitions agricoles:

Les réquisitions agricoles furent très mal vécues par le monde paysans à cause des prix trop bas. C'est d'ailleurs ce qui va convaincre une grande partie de vendre au marché noir...
Cette pénurie se fit très vite ressentir par la population, surtout que le peu de têtes, officiellement recensées (car combien sont cachés au fond d'un bosquet pour y être engraissées?), partaient à la hauteur de 90% pour les Allemands.

Les objets usuels:
L'armée allemande ne fabriquait rien elle-même et ne semblait pas disposer de services généraux efficaces ; ses abondantes pancartes étaient l'oeuvre d'artisans locaux. De plus, elle importait peu de choses d'Allemagne : elle achetait par exemple les postes de TSF (quand les réquisitions ne suffisaient pas), ou encore les machines à écrire. Si ces dernières étaient en rupture de stock en magasin, elle n'hésitait pas à réquisitionner dans les entreprises.


Les relations intimes
Je vous conseille de regarder ce reportage très bien fait : Amour et sexe sous l'occupation
Première partie Deuxième partie

Pour résumer :
-il y avait un fort déficit d'hommes Français pendant l'occupation (car fais prisonniers ou morts), ce qui a engendré un manque affectif (dirions-nous..) chez la population féminine. Et à côté de cela, de beaux et jeunes hommes sont arrivés sur une très grande partie du territoire, en étant très corrects, parfois même réellement sympathiques...
-si, au début, certaines femmes ne voulaient pas voir ces Allemands par honneur, par patriotisme, beaucoup furent bien obligées de leur adresser finalement la parole de part leur métier.
-être avec un Allemand, c'était un moyen : d'avoir plus d'argent, de mieux manger, de s'émanciper, de récolter des informations, d'être avec le vainqueur...
-on peut dire qu'il y avait donc trois types de femmes : celles réellement amoureuses, celles qui le faisaient par dépit et celles qui le faisaient par vanité, par adhésion à l'idéologie nazie.
-L'avortement était totalement interdit, et les "faiseuse d'anges" (celles qui pratiquaient l'IVG) risquaient jusqu'à la guillotine (la dernière femme guillotinée en France fut justement une d'elles).


La politique des étrangers sous Vichy
Le régime de Vichy va immédiatement prendre des mesures contre les populations immigrées, qualifiées de « métèques ». Une Commission de révision des naturalisations est mise en place dès juillet 1940, tandis qu'après la loi sur le statut des Juifs, la loi du 4 octobre 1940 sur « les ressortissants étrangers de race juive » permet d’interner ceux-ci dans des camps spéciaux. La loi du 27 septembre 1940 concernant les autres étrangers non juifs, règle le sort des « étrangers en surnombre dans l’économie nationale » : l’étranger est surveillé de près. Il n’a plus le droit de libre circulation sur le territoire et ne bénéficie plus de la protection apportée par le droit du travail.


Les zazous
Les zazous sont un courant de mode de la France des années 1940. Il s'agissait de jeunes gens reconnaissables à leurs vêtements anglais ou américains, et affichant leur amour du jazz.

Pendant l'Occupation, les zazous exprimèrent leur non-conformisme et leur opposition au régime en organisant des concours de danse, qui les opposaient parfois aux soldats allemands. Lorsque les lois raciales de Pétain et des Nazis obligèrent les Juifs à porter l'étoile jaune, un certain nombre de zazous, par défi, s'affichèrent avec une étoile jaune marquée Zazou, Swing ou Goy. Ils furent arrêtés et conduits au camp de Drancy avant d'être relâchés.

Par bravade, ils portaient des vêtements trop longs à une période où le tissu était rationné, ils gardaient les cheveux longs alors qu'un décret vichyste faisait des cheveux récupérés chez le coiffeur une matière première d'intérêt public pour la confection de pantoufles. Enfin, ils mettaient un point d'honneur à être toujours équipés d'un parapluie qu'ils n'ouvraient jamais.

Comme après 1870, la France a réagi au désastre de 1940 par une réforme des institutions existantes et la création de nouvelles. Très préoccupé par l’éducation, la fibre morale et de la productivité de la jeunesse française, le régime de Vichy, qui avait créé un Ministère de la Jeunesse en 1940 ont vu le Zazous comme une influence rivale et dangereuse sur les jeunes, tandis que les zazous voyaient les chantiers de jeunesse mis en œuvre en juillet 1940 comme une tentative d’endoctrinement de la jeunesse française.

En 1940, la presse a publié 78 articles anti-zazous, neuf autres en 1941 et 38 en 1943. Les journaux de Vichy, qui déploraient la turpitude morale et la décadence qui affectait la morale française, considéraient les zazous comme des tire-au-flancs égoïstes et judéo-gaullistes.

En 1942, le régime de Vichy s’est rendu compte que la renaissance nationale, qu’il espérait voir réalisée sous sa direction par les jeunes, était sérieusement affectée par le rejet généralisé du patriotisme, de l’éthique du travail, de désintéressement, de l’austérité et de la masculinité exigés.

Les zazous sont devenus l’ennemi numéro un de l’organisation de la jeunesse fasciste des Jeunesses Populaires Françaises. « Scalpez les zazous ! » est devenu leur slogan. Des escouades de jeunes fascistes de la JPF, armés de tondeuses, attaquaient les zazous. Des rafles commencèrent à avoir lieu dans les bars et les zazous se firent tabasser dans les rues. Beaucoup furent arrêtés et envoyés à la campagne pour travailler aux champs.

À ce stade, les zazous entrèrent dans la clandestinité, se terrant dans leurs salles de danse et des clubs en sous-sol tandis que la résistance communiste officielle les soupçonnait d’adopter une attitude apathique, voire désinvolte, envers la guerre en général.

En petit plus...
Témoignage d'une femme de prisonnier :
"En cette dure époque, j'ai été dans l'obligation de chercher un emploi, car j'avais une petite fille à élever, et avec beaucoup de chance, j'ai trouvé dans une biscuiterie, ce qui me permettait de manger "en cachette" quelques biscuits trempés dans de l'eau, pour calmer mes crampes d'estomac. Pendant cette période, j'ai beaucoup travaillé, étais toujours volontaire pour effectuer des heures supplémentaires ; le sursalaire me permettant d'acheter par exemple, un supplément de lait pour ma petite fille qui était de santé très fragile.
Triste souvenir ces longues heures d'attente devant les magasins d'alimentation, bien souvent quand mon tour arrivait, il n'y avait presque plus rien ! Quelque fois on trouvait à acheter des rutabagas ; tout était bon!
Comme nous étions tous soumis au rationnement, le fait que je n'avais pas 21 ans (j'étais J.3), me donnait droit à 3 tablettes de chocolat par mois : une était pour ma petite fille, la seconde pour mon mari et la troisième (bien que j'adorais le chocolat), je la troquais contre d'autres marchandises...
Le pain était rationné selon l'âge, il était lourd, noir et collant. Quelle joie et à quel prix quand rarement l'occasion se présentait d'avoir du pain blanc; nous le mangions comme un gâteau.
Il fallait, durant cette période de guerre, faire preuve de beaucoup d'ingéniosité et de persévérance pour dénicher quelque ravitaillement supplémentaire. C'est ainsi qu'il m'est arrivé de nombreuses fois de faire un aller retour jusqu'en Savoie avec un vieux vélo dont les pneus usés étaient consolidés avec de la ficelle très serrée. Inutile de dire comme cela fatiguait, mais je pouvais ainsi envoyer des colis à mon mari. (...)"


Crédits : http://www.letudiant.fr/boite-a-docs/document/seconde-guerre-mondiale-france-la-vie-quotidienne-sous-l-occupation-chansons-39-45-1834.html http://www.histoire-en-questions.fr/vichy%20et%20occupation/ligne%20de%20demarcation/ausweiss.html http://www.memorial-quineville.com/se_nourrir.asp http://www.maxicours.com/soutien-scolaire/histoire/1re-s/22823.html http://cm1cm2.ceyreste.free.fr/medias.html http://saumur-jadis.pagesperso-orange.fr/recit/ch47/r47d3requisitions.htm http://lauragais-patrimoine.fr/HISTOIRE/LA%20RESISTANCE/SOUVENIRS-39-45/SOUVENIRS-39-45.html http://fr.wikipedia.org/wiki/Zazou http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27immigration_en_France#Les_r.C3.A9fugi.C3.A9s_arm.C3.A9niens
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